Arrêtons la déportation de la famille Khalifa

Communiqué de presse de Cité sans frontière. Montréal, août 2014 – Samah et Tarek Khalifa, des résidents de Verdun et parents de deux filles nées au Canada, Sarah (8 ans) et Aicha (6 ans), sont menacés d’expulsion le 29 août. 

Tarek et Samah vivent au Canada depuis huit ans; ils ont élu domicile ici, à Montréal. Les parents ont un choix atroce à faire : être renvoyés avec leurs enfants dans un pays instable, déchiré par les troubles politiques, où Sarah risque de ne pas recevoir les soins médicaux dont elle a besoin – ou alors laisser leurs filles ici.

CONTEXTE

Samah et Tarek sont arrivés au Canada en 2006 après avoir fui la violence en Égypte. Ils vivent ici depuis 8 ans déjà et ils ont deux enfants nés au Canada, Sarah (8 ans) et Aicha (6 ans).

Samah et Tarek ont mis des années et des milliers de dollars à essayer d’obtenir la résidence permanente au Canada. Malheureusement, ils ont reçu de très mauvais conseils juridiques. Malgré leur dossier solide, leur demande de statut de réfugié et leur demande pour motifs humanitaires ont été rejetées. Les recours juridique et politique (par leur député) ont été épuisés et ils font maintenant face à une déportation imminente.

Samah, Tarek, Sarah et Aicha se sont bâti une vie ici. Verdun est leur chez eux. Samah et Tarek contribuent à la société canadienne comme travailleurs, parents, bénévoles et membres de la collectivité à Verdun. Les parents sont en attente de recevoir la confirmation de leur certificat de sélection du Québec. Sarah et Aicha ont été élevées ici et elles n’ont jamais vécu ailleurs qu’au Canada. Les deux enfants vont à l’école francophone du quartier; Aicha commence la maternelle alors que Sarah est en deuxième année.

Bien que la famille Khalifa ait passé près de dix ans à s’intégrer à la société canadienne et qu’elle soit exactement le genre de famille à laquelle le Canada prétend ouvrir ses portes, les membres de la famille sont menacés d’être déportés vers un pays où ils risquent d’être victimes d’actes violents et de dangers physiques intenses.

Selon un rapport d’Aministie internationale (Égypte : Feuille de route pour la répression, 2014), la violence en Égypte est d’une ampleur sans précédent : des milliers de personnes ont été tuées dans la dernière année alors que les violations des droits de la personne et la violence d’état persistent. Dans une lettre d’appui envoyée à la famille Khalifa, Amnistie cite un rapport d’Amnistie Égypte daté du 3 juillet 2014 : « Amnistie internationale rapporte une montée d’arrestations arbitraires, de détentions, d’actes de torture déchirante et de morts en détention, ce qui fournit des preuves solides d’une grande détérioration des droits de la personne en Égypte ». La lettre conclut : « Amnistie internationale appuie la demande de M. Khalifa, Mme [Samah] Abdel Meguid et leurs deux filles de ne pas être déportés en Égypte. Premièrement, la situation actuelle des droits de la personne en Égypte est alarmante et celle-ci mettrait en danger les membres de la famille en les exposant entre autres à la détention arbitraire et à la torture. »
De plus, Sarah a reçu un diagnostic d’épilepsie en septembre 2009 alors qu’elle n’avait que trois ans. Depuis son diagnostic, elle reçoit les soins d’un neurologue à l’Hôpital de Montréal pour enfants. Ses crises actuelles sont difficiles à gérer et on ne connaît pas encore comment son épilepsie va se développer. La différence entre la qualité et l’accessibilité des services médicaux entre l’Égypte et le Canada est importante tout comme les attitudes envers l’épilepsie. Sarah n’aura peut-être pas accès à la même qualité de soins en Égypte ou le même appui de son école, ce qui a grandement contribué à la gestion de son épilepsie au Canada, son pays.

Si l’ordonnance d’expulsion n’est pas annulée, Samah et Tarek seront forcés de faire un choix déchirant : soit d’être séparés de leurs deux jeunes enfants nés au Canada, ou alors de les amener en Égypte, un pays en crise que les enfants n’ont jamais connu et où Sarah serait possiblement privée de soins médicaux essentiels.

Nous exigeons que la famille reste ici à Montréal, intacte, afin que Sarah et Aicha puissent grandir avec leurs parents dans un milieu sécuritaire qui les soutient.

COMMENT AIDER

La situation est urgente. Nous sollicitons votre aide pour écrire deux lettres distinctes : la première à l’attention des ministres de l’Immigration (Chris Alexander) et de la Sécurité publique (Steven Blaney) et l’autre à la ministre de l’Immigration du Québec (Kathleen Weil).

Dans la lettre destinée aux ministres fédéraux, exhortez-les d’arrêter la déportation de Samah et Tarek Khalifa et exigez qu’ils restent au Canada avec leurs enfants. Les deux ministres ont le pouvoir discrétionnaire de stopper cette déportation et d’accorder la résidence permanente à Tarek et Samah et ils devraient en faire usage.

La lettre à la ministre de l’Immigration du Québec devrait l’inciter à intervenir personnellement dans ce dossier. Il faut souligner que Samah et Tarek Khalifa ont une demande en attente pour un certificat de sélection du Québec (CSQ) en tant que travailleurs qualifiés, qu’ils vivent au Québec depuis huit ans et que le gouvernement fédéral ne devrait pas les déporter jusqu’à ce que Québec rende une décision au sujet de leur demande.

Nous vous encourageons aussi à appeler chacun de ces ministres. Vous trouverez leurs coordonnées plus bas. Merci d’ajouter solidaritesansfrontieres@gmail.com en copie conforme (CC) à vos courriels et de nous informer de vos appels.

En savoir plus en consultant la page de Cité sans frontière

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