Chaque jour, cinq personnes sont agressées sexuellement au sein des Forces Armées Canadiennes

Quelques semaines à peine après la publication d’un rapport accablant sur le grave problème d’agressions sexuelles au sein de l’armée canadienne, il est profondément déprimant de voir son chef d’état-major déclarer que tout cela est attribuable aux pulsions biologiques des hommes.

Ce n’est pas culturel, c’est naturel, a dit en substance le général Tom Lawson, dans une entrevue à la CBC qui a ravivé la controverse sur la troublante tolérance de l’armée devant l’inconduite sexuelle.

Que le chef d’état-major se soit excusé, après avoir été fustigé de toutes parts, ne fait pas de cette histoire une affaire classée. 

Car le plus inquiétant, ce ne sont pas tant ses propos archaïques que ce qu’ils révèlent : une culture bien ancrée qui continue de banaliser l’agression sexuelle.

L’existence de cette culture au sein des Forces armées canadiennes (FAC) est très clairement démontrée dans le rapport de l’ancienne juge de la Cour suprême Marie Deschamps. On y décrit sans détour une culture hostile aux femmes et aux minorités sexuelles. Une culture où on tolère les « farces » sur le viol, les propos très humiliants faisant référence au corps des femmes, les commentaires discriminatoires sur leurs compétences, les attouchements sexuels non sollicités…

Tout cela crée un climat propice à des cas encore plus graves de harcèlement et d’agression sexuelle. « Dans les situations les plus graves de violence sexuelle ayant été rapportées, le recours au sexe mettait en évidence le renforcement d’une relation de pouvoir et la volonté de punir et ostraciser un membre d’une unité », souligne le rapport.

Trop souvent, les victimes ne signaleront même pas l’agression. Elles ont trop peur d’en subir les conséquences. Peur de ne pas être crues. Peur d’être perçues comme une personne « faible ». Peur des représailles…

Plusieurs victimes n’ont aucune confiance dans le mécanisme de traitement des plaintes. Nombreuses sont celles qui ne portent pas plainte car elles en arrivent à croire que tout cela est finalement « normal » dans l’armée. Si le viol est considéré comme un sujet qui porte à rire et non comme un crime, qui prendra au sérieux une plainte à ce sujet ?

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On estime que, chaque jour, cinq personnes sont agressées sexuellement au sein des FAC.

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