Le Conseil du statut de la femme réclame un quota de candidatures féminines aux élections

«L’inclusion des femmes en politique n’est pas optionnelle dans une démocratie. C’est un devoir.» écrit la journaliste Rima Elkouri. Selon le Conseil du statut de la femme (CSF), les partis politiques devraient avoir l'obligation légale de présenter un plus grand nombre de femmes.

Le temps des vœux pieux, des vagues promesses et des belles intentions est révolu, selon le CSF. L'heure est plutôt au changement de stratégie. Ainsi, pour que les femmes aient enfin accès à une certaine parité en politique, le CSF recommande d'adopter désormais la manière forte : une loi fixant des quotas et prévoyant de lourdes sanctions financières aux contrevenants. L'organisme-conseil suggère de fixer à un minimum de 40 % la proportion de candidatures féminines affichées par les différents partis politiques, sous peine de sanctions.

Sa position s'étale dans un avis étoffé de 129 pages remis récemment au gouvernement et intitulé « Les femmes en politique : en route vers la parité ». La question controversée des quotas de candidatures féminines est dans l'air depuis des décennies dans les milieux politiques et féministes, mais elle a toujours été rejetée jusqu'à maintenant. Faute de véritable progrès, élection après élection, et devant la résistance des partis, l'organisme dirigé par Julie Miville-Dechêne s'impatiente et croit désormais nécessaire de modifier la Loi électorale du Québec pour y ajouter le concept de « zone paritaire ».

En vertu de ce concept, les partis politiques auraient l'obligation de recruter un minimum de 40 % et un maximum de 60 % de candidats des deux sexes. Les partis politiques devraient aussi publier un bilan de leurs pratiques de recrutement après chaque élection générale. Ils devraient aussi déposer un plan d'action, dans lequel ils indiqueraient de quelle façon ils comptent s'y prendre pour augmenter le nombre de femmes dans leur équipe.

Article de Radio-Canada publié le 3 octobre

Les quotas électoraux sont une nouvelle règle de jeu qu’un contexte inégalitaire rend nécessaire, explique Pascale Navarro

Au palmarès mondial de l’égalité hommes-femmes dans les Parlements, tant le Québec (44e) que le Canada (48e) sont en retard. Un retard d’autant plus inquiétant qu’il ne semble pas inquiéter grand-monde. Avez-vous vu un seul chef politique en faire un enjeu électoral ?

Choquée par le haussement d’épaules, même parmi les femmes, que suscite cette question cruciale, la journaliste et auteure Pascale Navarro tente de secouer notre inertie en lançant cette semaine un plaidoyer pour la parité. Son court essai, Femmes et pouvoir : les changements nécessaires (Leméac), explique l’importance de la parité, déboulonne les mythes à son sujet, propose des solutions pour l’atteindre et rappelle que l’égalité des sexes ne devrait plus être uniquement le combat des femmes. Voilà une lecture qui devrait être obligatoire pour toute la classe politique, femmes et hommes inclus.

Dans une société où les femmes ont investi bon nombre de domaines traditionnellement masculins, les partis politiques expliquent souvent la sous-représentation des voix féminines en disant : « Ce n’est pas nous, c’est elles. C’est leur choix. Les femmes ne veulent pas se présenter. » Une réponse « complètement dépassée », dit Pascale Navarro, que la journaliste Rima Elkouri a rencontrée à la veille de son lancement. « C’est une réponse des années 70 ! »

Si les femmes demeurent absentes des milieux politiques, il faut se poser des questions. Il faut modifier les règles du jeu, changer les vieilles façons de faire qui font en sorte que l’on recrute toujours le même type de personne.

Article de Rima Elkouri publié dans La Presse Plus le 16 septembre

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