Deux jours de grève pour dénoncer les mesures d'austérité

En coupant les services et en détériorant les droits des personnes marginalisées et en situation de pauvreté, l’austérité s’attaque aux organismes communautaires. Ainsi, plus les besoins de la population augmentent, plus les groupes sont sollicités, sans pour autant voir leur financement rehaussé.

Lire les revendications des centres de femmes de la Mauricie et du Centre-du-Québec dans La Nouvelle Union

« On voit une aggravation de la pauvreté. Les gens ont des conditions de plus en plus difficiles. »

« Ce qu'on voit, c'est un nouveau visage de la pauvreté. Ce qu'on voit maintenant, ce sont des travailleurs, des salariés venir frapper à nos portes. On voyait ça très peu avant. Ils n'y arrivent plus. Il y a des petits salariés qui vont dans les banques alimentaires, ce qu'on voyait très rarement avant. La poche du contribuable est sollicitée de partout maintenant. » dénonce la directrice du regroupement des organismes communautaires (ROC), de l'Estrie, Claudelle Cyr 

La directrice du ROC de l'Estrie soutient que la situation de nombreux organismes communautaires est précaire et qu'il y a des conséquences directes de ce manque de financement. « Ce qu'on voit dans les organismes, c'est qu'ils doivent fermer l'été [par manque de budget]. Ça appauvrit les travailleurs et les services à la population. On doit réduire les heures et les services. On tarifie de plus en plus nos services. En principe, dans les organismes communautaires, on ne demande pas d'argent aux usagers. On n'est plus capable de fournir à la demande. »

Actuellement, le financement annuel moyen d'un organisme communautaire tourne autour de 50 000 $. À moins d'une amélioration du financement, bon nombre de ces organismes pourraient disparaître dans la prochaine année.

Lire l'article de Geneviève Proulx sur Radio Canada sur la grève en Estrie

Madame n'a pas le choix

Endurer la violence ou vivre dans l’itinérance ? Manger ou chauffer l’appartement ? Abandonner la garde d’un enfant ou l’élever dans la misère ? C’est le genre de « choix » inhumains auxquels font face de plus en plus de femmes qui frappent à la porte de l’organisme Madame prend congé dans le quartier Pointe-Saint-Charles.

Ici, le mot « austérité » n’est pas qu’un mot. Il a de nombreux visages. L’obsession de l’État pour l’équilibre budgétaire amène de nombreuses personnes à perdre l’équilibre. Des gens pris à la gorge par les mesures d’austérité, on en voit défiler tous les jours. Des femmes qui « choisissent » la rue au lieu d’endurer les coups d’un conjoint violent. D’autres qui « choisissent » de s’affamer pour ne pas avoir trop froid l’hiver. D’autres encore qui « choisissent » d’abandonner la garde de leur enfant plutôt que de le condamner à la pauvreté. Je mets des guillemets. Car si on fait ce « choix », c’est qu’en vérité, on n’a pas le choix.

Lire l'article de Rima Elkouri dans La Presse

Le ras-le-bol du milieu communautaire

Marche funèbre à La Malbaie, soupe populaire à Rivière-du-Loup, zone autonome déterminée par des fils de laine à Rimouski, « actions dérangeantes » à Québec, bannières déroulées un peu partout à Montréal, grogne populaire devant des bureaux de députés libéraux : près de 1300 organisations avaient fermé volontairement leurs portes [le lundi 2 et le] mardi 3 novembre pour protester contre le régime d’austérité imposé par le gouvernement.

Lire l'article de Jean-François Nadeau dans le Le Devoir

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