Le Guide de la citoyenneté inclura de l'information contre la violence sexiste

La mise à jour du Guide de la citoyenneté du Canada inclura une mise en garde aux nouveaux arrivants concernant la pratique illégale des mutilations génitales féminines (MGF).

Le ministre de l'Immigration, Ahmed Hussen, a qualifié cette pratique d'« odieuse » et illégale au Canada.

« Bien que le contenu du nouveau guide soit encore en cours d'élaboration, les Canadiens peuvent être assurés que le nouveau document inclura de l'information sur les lois canadiennes contre la violence sexiste, y compris les MGF », a-t-il déclaré.

« Normalement, nous ne ferions pas de commentaires sur un document qui n'est pas terminé, mais étant donné l'intérêt que suscite cette question, j'ai jugé important de tenir les Canadiens au courant », a indiqué le ministre.

La porte-parole conservatrice en matière d'immigration, Michelle Rempel, a fait pression à maintes reprises sur le ministre Hussen à ce sujet et a parrainé une pétition électronique à la Chambre des communes qui demande au gouvernement de veiller à ce que le nouveau guide condamne cette pratique.

La pétition E-1310, qui se termine le 3 février, compte près de 25 000 signatures.

Le 28 novembre 2017, Mme Rempel a exhorté les gens à signer la pétition dans un tweet qui disait : « Trudeau supprime du Guide de la citoyenneté canadienne les références à la mutilation génitale féminine comme étant une pratique préjudiciable ».

Michelle Rempel citait un rapport de La Presse canadienne, selon lequel une ébauche du guide révisé sur la citoyenneté supprimait la référence aux mutilations génitales féminines. Le guide actuel, présenté par les conservateurs en 2011, souligne que les hommes et les femmes sont égaux devant la loi au Canada.

« L'ouverture et la générosité du Canada ne s'étendent pas aux pratiques culturelles barbares qui tolèrent la violence conjugale, les "crimes d'honneur", les mutilations génitales féminines, le mariage forcé ou d'autres formes de violence fondée sur le genre. […] Les coupables de ces crimes sont sévèrement punis en vertu des lois pénales canadiennes. »

Une pratique dangereuse

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 200 millions de filles et de femmes ont été mutilées dans 30 pays, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.

L'intervention, qui altère ou blesse les organes génitaux féminins, est pratiquée de l'enfance à l'âge de 15 ans, et est considérée comme une violation des droits de la personne.

"Elle [la mutilation génitale féminine] reflète une profonde inégalité entre les sexes et constitue une discrimination extrême à l'égard des femmes." - L'Organisation mondiale de la santé

De telles procédures peuvent causer plusieurs problèmes médicaux, y compris des saignements graves, des problèmes à uriner, des infections, ainsi que des complications à l'accouchement et un risque accru d'enfants mort-nés, selon l'OMS.

En juillet dernier, le Toronto Star rapportait que des milliers de jeunes filles canadiennes sont menacées de mutilation génitale et que certaines d'entre elles sont emmenées à l'extérieur du pays pour subir cette intervention dans le cadre de ce qui s'appelle « l'excision en vacances ».

Une porte-parole de la ministre de la Condition féminine, Maryam Monsef, a déclaré que le Code criminel a été modifié en 1997 pour préciser que les MGF constituent une forme de voies de fait graves et que la responsabilité criminelle est étendue à tout praticien de la santé ou à toute personne qui exécute l'intervention ou y participe, ou qui emmène un enfant hors du Canada à cette fin.

Un porte-parole de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Harold Pfleiderer, a déclaré que la police élabore une politique interne sur la « violence fondée sur l'honneur, les mariages forcés et subalternes, les mariages forcés et les mutilations génitales féminines et l'excision », afin d'aider les employés de la GRC sur ces questions.

La GRC coordonne ses activités avec des partenaires et des intervenants communautaires, provinciaux, fédéraux et internationaux, « améliorant la sensibilisation ainsi que la recherche et la coordination avec les organisations non gouvernementales, les fournisseurs de soins et les services aux victimes », a-t-il déclaré dans un courriel à CBC News.

Sources : Ici. Radio-Canada 

photo : Sean Kilpatrick

Partagez partager