Itinérance : critiques aux niveaux fédéral et provincial

Le Réseau solidarité itinérance du Québec (RSIQ) dénonce la ligne idéologique défendue par le gouvernent canadien, à savoir le programme Logement d'abord.

La Fédération des maisons d'hébergement pour femmes (FMHF) signe, quant à elle, un communiqué critiquant le recesement des itinérants prévu à Montréal dans le cadre du Plan d'action interministériel en itinérance du gouvernement provincial. 

 

Un choix du gouvernement du Québec et non du milieu communautaire ! 

En décembre dernier, le (RSIQ) découvrait avec consternation les nouvelles balises de la Stratégie des Partenariats de Lutte contre l'Itinérance (SPLI), balises négociées entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec et imposant aux communautés le modèle du Logement d'abord comme réponse principale à l'itinérance. 

Dans un article du journal Le Devoir, on explique bien que l'approche n'est pas mauvaise en soi, mais qu'elle ne saurait suffire à elle seule à enrayer l'itinérance, problème complexe qui ne se réduit pas au fait de ne pas avoir de logement.

On note également l'évidente dérive qu'entraîne une telle approche. En effet, les organismes communautaires orientent leurs projets afin de corespondre à une telle logique, espérant ainsi répondre aux exigences gouvernementales pour s'assurer une part du financement prévu. 

 

L’itinérance à Montréal - Recenser partiellement : pour qui et pourquoi ?

La Ville de Montréal procédera cette semaine au recensement des personnes en situation d’itinérance ou sans domicile fixe. Ce projet réussira sans doute à comptabiliser les itinérants chroniques, celles et ceux qui sont facilement identifiables dans les espaces publics et les ressources.

Or, pour les groupes communautaires réunis pour une journée de discussion sur l’itinérance des femmes le 17 mars dernier à l’initiative de la Table des groupes de femmes de Montréal, ce dénombrement occulte une grande partie de la réalité et soulève de nombreuses inquiétudes liées à l’utilisation future des données recueillies.

Parmi ces inquiètudes, figure celle du caractère particulier de l'itinérance des femmes. Elles rappellent que pour toutes actions ou initiatives mises en place sur la base de ces chiffres, la Ville devra prendre le temps de faire une analyse différenciée selon les sexes (ADS), ainsi qu’une analyse intersectionnelle, afin de tenir compte de la spécificité de l’itinérance au féminin. 

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