La journée des femmes sous le thème de l'austérité pose problème à Revenu Québec

Revenu Québec s'oppose à une activité ayant lieu dans le cadre de la Journée des femmes en empêchant ses employées d'être libérées pour prendre part aux activités du 8 mars. L'Agence a jugé inapproprié le thème retenu cette année : « Femmes en marche pour l'égalité. Solidaires contre l'austérité. » 

Le syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) accuse Revenu Québec de faire preuve de censure. Dans une lettre adressée au SFPQ, l'Agence annonce qu'elle ne souscrira pas à l'organisation de cette activité, contrairement aux années passées, où un temps était accordé aux employées afin qu'elles participent à la Journée de la femme.

Les ministères et différentes agences gouvernementales, règle générale, accordent une pause de 45 minutes à ses employés, explique Denise Boileau, vice-présidente au SFPQ qui est responsable du dossier de la condition féminine.

« L'Agence du revenu nous a écrit pour nous dire qu'ils ne nous accorderaient pas le temps libération parce qu'ils trouvaient que le thème du 8 mars n'était pas approprié », explique Mme Boileau.

Le thème est choisi d'avance par plusieurs membres de la communauté de lutte pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Le Collectif 8 mars regroupe la Fédération des femmes du Québec, plusieurs organisations syndicales et des groupes de femmes.

Selon le Collectif 8 mars, le thème de l'austérité est tout à fait approprié puisqu'il touche beaucoup de femmes dans la fonction publique.

Revenu Québec emploie notamment 4300 femmes et 2400 hommes. Les femmes sont souvent les premières affectées par des mesures d'austérité, indique Denise Boileau. 

« Revenu Québec applique une vision idéologique qui veut contrôler le message même au niveau des femmes »— Denise Boileau, vice-présidente du Syndicat de la fonction publique

Un message « inapproprié »

Revenu Québec confirme que le thème de cette année pose problème, mais sa porte-parole ne précise pas pourquoi.« On a jugé que c'était inapproprié, on est allé au cas par cas. », soutient Geneviève Laurier, porte-parole de Revenu Québec

Elle rappelle que l'agence a toujours offert à ses employées de participer à la Journée internationale de la femme, cette année fait exception. « Pour nous l'important, c'est de se coller à la mission première de la Journée internationale des femmes, de promouvoir l'égalité hommes-femmes », répète-t-elle. Revenu Québec n'a pas voulu confirmer ou infirmer si c'est le terme austérité qui a poussé cette décision.

Les employées de Revenu Québec devront modifier leur horaire si elles désirent tout de même prendre part à l'activité du 8 mars pour s'assurer de ne pas manquer d'heures de travail.

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