L'austérité budgétaire au Nouveau-Brunswick et au Québec pénalise davantage les femmes

En cette période de compressions budgétaires, le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick craint que les femmes soient les premières victimes de l'austérité. L'organisme presse le gouvernement de stopper ses mesures d'austérité budgétaire et d'investir dans les secteurs publics et parapublics. 

Le Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick soulignait en juin dernier que lors du dernier budget, des investissements ont été annoncés dans les secteurs manufacturier, minier et forestier, où les emplois sont principalement exercés par des hommes. D'autre part, des compressions ont été annoncées dans les secteurs de l'éducation et du développement social, où les femmes sont plus présentes.

« Je ne pense pas que le gouvernement Gallant cible les femmes. Notre inconfort au Regroupement féministe, c'est que le gouvernement Gallant a fait campagne électorale en disant qu'il voulait implanter ou faire une analyse inclusive selon le genre sur l'ensemble des décisions de son gouvernement et sur les politiques. Visiblement, lorsqu'on lit le budget avec les lunettes de l'analyse inclusive selon le genre, on se rend compte que cette analyse n'a fort probablement pas été faite parce que les résultats du budget, ou les conclusions du budget, désavantagent les femmes dans certains secteurs et avantagent les hommes dans d'autres », affirme Amely Friolet-O'Neil, directrice générale du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

Johanne Perron, directrice générale de la Coalition pour l'équité salariale du Nouveau-Brunswick, partage cet avis. Elle propose plutôt au gouvernement d'investir dans les secteurs publics et parapublics. « On pense aux travailleuses de soutien à domicile qui ne gagnent même pas encore 13 $ l'heure. Aussi les garderies. On n'a pas de service de garde vraiment abordable partout dans la province. Ça, ce sont des choses qui pourraient beaucoup aider l'économie, favoriser la participation des femmes sur le marché du travail, et on en bénéficierait, tout le monde », estime Johanne Perron.

Victor Boudreau, ministre responsable de la révision stratégique des programmes, explique la démarche de son gouvernement. « Nous sommes certainement engagés envers l'équité salariale. C'était dans notre plateforme. Ça continue d'être quelque chose qui est respecté par notre gouvernement, mais cela étant dit, il faut aller au travers de chaque ministère et essayer de trouver des efficacités », souligne Victor Boudreau.

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Rappelons qu'au Québec, la ministre libérale de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, a annoncé en juin que le budget accordé à 16 organismes d’aide à l’emploi des femmes sera diminué de 700 000$, ce qui représente une coupure de plus de 58% du budget initial de 1,2M$ des organismes spécialisés en développement de la main‑d’oeuvre féminine. La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) avait alors dénoncé cette coupure, qui équivaut à confiner les femmes dans des emplois traditionnellement féminins et moins bien rémunérés, voire même à les maintenir dans la pauvreté. « Ces organismes jouent un rôle essentiel en matière d'accès au marché du travail des femmes et stimule l'égalité professionnelle de celles-ci. », affirmaiit Louise Chabot, présidente de la CSQ.

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Pour télécharger la publication de l'IRIS montrant que les mesures d'austérité du gouvernement québécois pénalisent davantage les femmes : "Les mesures d'austérité et les femmes : analyse des documents budgétaires depuis novembre 2008"

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