La mission des maisons d’hébergement au Canada : sauver des vies

Les femmes victimes de violence conjugale peuvent obtenir de l'aide auprès des maisons d’hébergement, et ainsi échapper à des situations dangereuses pour leur vie et parfois celles de leurs enfants. Malheureusement, les taux d’occupation élevés des maisons ne permettent pas de répondre à toutes les demandes. 

L'organisme Carrefour pour femmes à Moncton, au Nouveau-Brunswick, dispose de 17 lits. Mais depuis plus de cinq ans il doit refuser des femmes qui frappent à sa porte. C’est pourquoi une campagne de levée de fonds a été mise en place depuis plusieurs années, afin d’ouvrir une nouvelle maison d'hébergement pouvant accueillir 39 femmes. Un soutien financier public permettrait cependant de répondre plus rapidement aux besoins, pourtant criants, et ce, partout au Canada.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, six maisons d'hébergement sont destinées aux femmes victimes de violence. Toutefois, il est difficile de répondre immédiatement à toutes les demandes puisque certaines résidences enregistrent un taux d'occupation de plus de 100 %.

À Montréal, Sabrina Lemeltier, directrice générale de La Dauphinelle, maison d'hébergement pour femmes avec enfants, affirme que davantage de places dans les maisons permettraient d'éviter des drames. «Les portes de La Dauphinelle sont toujours ouvertes, mais le problème est que nous manquons de places. C'est un défi quotidien de réussir à faire face aux demandes que nous recevons. […] Je suis toujours triste de lire dans les journaux qu'une femme ou que des enfants ont perdu la vie, car je sais que nous pouvons intervenir et éviter de tels drames. Mais nous ne pouvons pas le faire seul et il est nécessaire que les besoins soient reconnus, que des actions concrètes soient mises en place et la première est qu'il faut soutenir financièrement l'augmentation du nombre de places disponibles sur l'île de Montréal.»

Certaines histoires de vie nous permettent de saisir l’importance de la mission des maisons. Catherine Trottier a fait pas moins de 27 fugues entre l'âge de 8 et de 14 ans, à la suite d'abus, de violences et de menaces. La 27e a été la bonne, à 14 ans, elle s'est posée au Chaînon, une maison d'hébergement pour femmes à Montréal. «Là, pour la première fois dans ma vie, des gens ont cru à mon histoire, ils m'ont aidée à me prendre en main. Je me suis trouvé une job, un appartement, un copain. Je m'organisais super bien.»

Un pas de plus vers un nouveau centre d'hébergement pour femmes à Moncton, article de Radio-Canada

Les centres d'aide aux femmes pleins à craquer, article de Radio-Canada

Nos portes sont ouvertes, mais les places manquent, article de La Presse

L'échappée belle, article de Le Soleil

Saskatchewan : toujours pas d'examens officiels sur les homicides conjugaux, article de Radio-Canada

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