La place des femmes dans l'espace public

Une manifestation féministe contre l'austérité, initiée par l'organisation internationale les Hyènes en jupons, tourne à la répression policière, mardi le 7 avril dernier. Cet événement soulève plusieurs questions de fond, dont celle de la place des femmes dans l'espace public. 

Un espace public dominé

La tournure des événements ne fait que confirmer les propos du groupe. En effet, parmi les principes qui sous-tendent la non-mixité, on retrouve la volonté pour les femmes de se réapproprier l'espace public afin d'en faire un espace exempte de toute domination.

Ainsi, non seulement la présence des policiers dérenge par le contrôle qu'ils effectuent sur la manifestion en orientant son parcours, mais la violence avec laquelle ils la réprime ne fait que confirmer que l'espace public n'est pas libre de toute domination.

Cette violence policière incarne également le refus de toute contestation de l'ordre établit. Ici, l'ordre contesté par les féministes dépasse celui que tente d'établir les réglements municipaux qui criminalisent les mouvements sociaux. Les manifestations féministes non-mixtes dérengent d'abord et avant tout parce qu'elles contestent l'odre patriarcal de nos sociétés.

Les hommes, victimes d'exclusion ?

Quant à la contreverse que provoque toujours le caractère non-mixte d'une manifestation, voici ce que les Hyènes disent sur les site internet : «En vous imposant dans une manifestation féministe qui critique les dynamiques structurelles patriarcales, vous ne faites que réduire, une fois encore, la parole des femmes. Vous vous inscrivez dans des mécanismes de domination et ne remettez pas en cause les privilèges qui vous ont été accordés. Comment la discussion peut-elle être possible?»

Il est intéressant de noter, tel que le souligne Rachel Chagnon, professeure au département des sciences juridiques de l'UQAM, que la couverture médiatique des manifestations elle-même exprime ce manque d'espace pour une pleine expression des femmes dans notre société.

En effet, si on reprend la grève étudiante de 2012, rare était la présence des femmes dans les reportages. Les discours prononcés par les hommes et les actions menées par ces derniers figurent au premier plan. Rachel Chagon affirme que seules les manifestations nues font exceptions : on retrouve davantage le corps des femmes exposés dans les journaux. 

Écoutez le reportage à CIBL, au Midi Libre, mercredi 8 avril

Consultez le site des Hyènes en jupons 

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