Les refuges pour femmes itinérantes débordent à Québec

Les refuges pour femmes débordent à Québec et un peu partout en province. Au YWCA de la capitale, des femmes itinérantes ont été refusées à plus de 1000 reprises depuis le début de l'année.

« Oui, il manque de lits, mais la solution ce n'est pas juste d'en ajouter », prévient Stéphanie Lampron, directrice de l'hébergement au YWCA à Québec.

« Ça prend des services. Les femmes qui viennent ici ou dans les autres organismes, ce n'est pas juste pour dormir. Si elles sont ici, c'est qu'elles ont des problèmes. »

Au projet LUNE, qui vient en aide aux toxicomanes et aux travailleuses du sexe, jusqu'à 17 femmes se succèdent chaque jour dans un appartement de quatre pièces et demi pour avoir un lit et de la sécurité.

« On déborde, explique la directrice Chantal Simoneau. Quand on ouvre à 18 heures, il y a six ou sept femmes à la porte. »

Le petit appartement compte trois lits et trois fauteuils inclinables, souvent tous occupés. Certaines femmes doivent dormir par terre. Cette pression illustre une chose, précise Mme Simoneau : la pauvreté et la précarité gagnent du chemin.

« L'année passée, on a eu 109 femmes différentes et là, en trois mois, on a eu 75 femmes différentes. D'où arrivent-elles? il y en a qu'on voit régulièrement depuis des années, mais la majorité, ce sont toutes de nouvelles femmes. »

Difficile de dire non

À la Maison Lauberivière à Québec, même son de cloche. On doit refouler plusieurs personnes chaque jour.

« C'est très difficile pour les intervenants de dire à quelqu'un qu'on ne peut pas l'accueillir. On peut référer à d'autres types de ressources qu'on sait qu'elles vont aussi peut-être déborder », déplore Catherine Bisson, la responsable de l'hébergement.

Au YWCA, la clientèle est diversifiée et elle comprend de nombreuses mères monoparentales. Julie-Caroline Dumas, mère de deux enfants, a eu la chance d'avoir un lit l'an dernier. Elle qui a été victime de violence

« Moi, ç'a été vraiment une découverte incroyable, ce n'est pas seulement un endroit où on dort, c'est pas seulement un endroit où on peut recevoir les besoins de base, mais on est entouré », conclut-elle.

Selon la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes du Québec, ce sont entre 6000 et 9000 demandes d'hébergement sont refusées par année.

Source : Radio-canada

Photo : Radio-Canada/Carl Marchand 

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