Les Shafia veulent un nouveau procès

Condamnés à la prison à vie pour avoir assassiné quatre membres de leur famille, Mohammad Shafia, sa deuxième épouse et leur fils exigent un nouveau procès parce qu'ils disent avoir été victimes de «stéréotypes culturels» et de «preuves très préjudiciables» qui n'auraient jamais dû être admises par le juge.

Selon le National Post, dans un document déposé à la Cour d'appel de l'Ontario, les condamnés soutiennent que le juge du procès, Robert Maranger, aurait fait plusieurs erreurs dans ses directives, qui auraient permis aux membres du jury d'en arriver à de mauvaises conclusions. Ils déplorent notamment que le témoignage concernant les crimes d'honneur du professeur de l'Université de Toronto, Shahrzad Mojab, ait été permis. Selon la défense, ce témoignage poussait le jury à conclure que l'héritage culturel des Shafia les incitait à commettre ces meurtres d'honneur, créant ainsi «un énorme préjudice».

Les trois ont subi leur procès ensemble, pour avoir tué les filles de M. Shafia, Zainab, 19 ans, Sahar, 17 ans et Geeti, 13 ans, ainsi que sa première femme, Rona Amir, 52 ans. Les corps des quatre femmes avaient été retrouvés le 30 juin 2009 dans une voiture immergée au fond d'une écluse à Kingston Mills en Ontario. Mohammad Shafia, sa femme Tooba Mohammad Yahya, et leur fils Hamed ont été condamnés en janvier 2012 par un jury.

Le juge Robert Maranger avait été sévère et direct lors de l'annonce du verdict. «Il est difficile de concevoir un crime plus odieux, plus méprisable, plus haineux», avait-il dit. «Le motif apparent derrière ces meurtres honteux commis de sang-froid, c'est que ces quatre innocentes victimes ont offensé votre notion d'honneur, une notion fondée sur la domination et le contrôle des femmes. Cette notion malade de l'honneur n'a pas de place dans aucune société civilisée», avait ajouté le juge.

Les trois condamnés ont toujours clamé leur innocence. «Je ne suis pas une meurtrière. Je suis une mère», avait dit Tooba Yahya quelques minutes après le verdict. «Nous ne sommes pas des animaux, avait affirmé son mari. Nous n'avons pas commis de meurtre et c'est injuste». Hamed avait semblé être le plus ébranlé des trois. «Je n'ai pas noyé mes sœurs», avait-il affirmé au juge.

Malgré la condamnation des accusés, la mort des quatre victimes restera un mystère puisque l'enquête n'aura pas permis de savoir où, précisément, les victimes ont été tuées avant de finir au fond du canal Rideau.

Lire l'article de TVA Nouvelles

Lire le dossier de La Presse sur le procès Shafia

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