Sous-financement: les groupes communautaires veulent des réponses

 À compter de mardi, et jusqu’à la fin du mois de février, les parlementaires à Québec verront des gens vêtus de couleur orange assister à la période des questions: des représentants de centres d’aide aux victimes d’agression sexuelle, de maisons de jeunes, notamment.

La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles, qui regroupe 3000 organismes en santé et services sociaux, a choisi ce moyen pour se faire voir et sensibiliser les députés au sous-financement que ses membres vivent.

Ainsi, à chaque période des questions, à compter de mardi, différents groupes se relaieront sur les banquettes pour assister, visiblement mais paisiblement, à la période des questions.

Il s’agira de Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), de groupes d’entraide en santé mentale, de centres qui viennent en aide aux victimes de violence conjugale, de maisons de jeunes et autres.

Ces groupes en profiteront aussi pour rencontrer des députés dans leurs circonscriptions respectives, afin de ramener le sujet à l’ordre du jour, a souligné Mercedez Roberge, coordonnatrice de la Table, au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne.

Ils vont aussi remettre une lettre au ministre des Finances, Carlos Leitao, et à sa collègue Lucie Charlebois, déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, qui est responsable du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC).

«C’est pour assurer une présence insistante, continuelle, pour rappeler à chaque jour que nous sommes là, nous attendons des réponses. Et nous venons chercher nos réponses», a expliqué Mme Roberge.

Ces groupes se plaignent de sous-financement depuis des années.

«La réponse qu’on a eue, c’est les 10 millions $ (supplémentaires) de l’année passée. Mais évidemment, ça ne suffit pas», a déploré Mme Roberge, qui souligne que l’enveloppe globale du PSOC était d’environ 580 millions $ pour 3000 groupes.

À titre indicatif, ces groupes estiment qu’il faudrait ajouter 355 millions $ par année pour subvenir aux besoins et mieux payer les intervenants, le personnel aidant.

«On est déjà en grand, grand besoin. Il y a des groupes qui sont obligés, à chaque année, de mettre du personnel à pied, de fermer durant l’été, de fermer durant 10, 12 semaines durant l’été, parce que leur budget ne leur permet pas d’être en activité 12 mois par année», rapporte Mme Roberge.

Ils veulent aussi améliorer le programme lui-même et rehausser l’indexation qui est versée, en ne la basant plus sur l’Indice des prix à la consommation.

Encore récemment, on a entendu des CALACS se plaindre de sous-financement, eux qui ont vu les demandes d’aide qui leur sont adressées tripler, voire quadrupler, depuis la vague de dénonciations de harcèlement et agressions sexuelles. Les CALACS doivent d’ailleurs recevoir une aide d’urgence sous peu, promise par la ministre de la Condition féminine, Hélène David.

«Les membres de l’Assemblée nationale nous disent toujours qu’ils nous appuient, qu’ils reconnaissent notre apport, qu’ils trouvent qu’on est important. Bien là, on leur demande de mettre du budget là où c’est nécessaire», a plaidé Mme Roberge.

Sources : Journal Métro / Presse canadienne  

crédits photo : Presse canadienne

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