Une agence de rencontre spécialisée en femmes d’Europe de l’Est : un marché lucratif aux saveurs traditionnelles ou la porte ouverte aux abus ?

Le Centre québécois des mariages internationaux (CQMI) est une agence de rencontre qui met en contact des hommes québécois avec des femmes d’Europe de l’Est, principalement de l’Ukraine et de la Russie.

Premier centre au Québec à offrir un service de rencontres internationales, le CQMI fait affaire avec des agences de rencontre en Europe de l’Est qui sélectionnent les femmes. Elles ont en majorité un emploi et de bonnes études et doivent pouvoir s’acclimater à une nouvelle culture. Une rubrique agrémentée de belles photos met notamment en valeur « la femme slave » : assidue et instruite, bénéficiant d’une « beauté sauvage », d’une « taille en forme de poire » (« indicateur d’un niveau élevé d’estrogènes » qui les rend « très féminine et très attirantes […] aux yeux des hommes »), d’une « grande patience », d’un  « caractère sociable » et gentil, elle est notamment « pourvue d’instinct maternel ».

Antoine Monnier, président de CQMI, mentionne : «Au Québec, les couples vivent en compétitivité. C’est la course à celui qui a le plus de responsabilités, le plus gros salaire, tandis que là-bas, les couples vivent en complémentarité. L’homme est la figure d’autorité et la femme est le “liant”, elle influence les décisions et s’occupe de l’éducation des enfants, mais les deux travaillent».

Sylvie Lavallée, sexologue et psychothérapeute, relativise : «On idéalise peut-être ces femmes-là en pensant qu’on pourra les mettre “à notre main”, mais ça ne veut pas dire qu’elles seront dociles non plus ». Mme Lavallée se déçoit de voir que le modèle de la vie moderne déplaise autant à certains hommes qui veulent retourner au temps de leurs grands-parents.

Pour en savoir plus.

Vulnérabilité des femmes immigrantes

Rappelons que si un canadien décide de parrainer une épouse qui immigre, il est responsable de pourvoir à ses besoins durant trois ans. Ainsi, même si la personne immigrante ne travaille pas, elle n’est pas en droit de réclamer de l’aide sociale. Et si le mariage ne se déroule pas comme prévu, la responsabilité demeure.

Cette situation rend particulièrement vulnérable les femmes immigrantes à la violence notamment économique, mais aussi à toute forme de violence puisqu’elles restent dépendantes de leur mari canadien durant de longues années.

Dans ce contexte, la Fédération a tenu, jeudi 23 avril, une journée portant sur les femmes immigrantes violentées vivant de multiples problématiques sociales, en partenariat avec le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion.

Pour mieux comprendre la législation canadienne concernant les femmes violentées ayant un statut d’immigration précaire

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