Une Mexicaine menacée d'expulsion peut rester au pays

Soupir de soulagement pour Sheila Sedinger Ayala. Cette Mexicaine menacée d'expulsion pourra finalement rester au pays au moins deux autres années. Son expulsion prévue pour le 30 août a été suspendue par Immigration Canada. Article paru dans le Huffungton Post du 26 août 2014. 

C'est avec joie qu'a réagi Mme Ayala à ce sursis. « Je suis très contente, j'ai pleuré d'émotion », a-t-elle raconté en entrevue à l'émission 24/60.

Cette mère de deux jeunes filles de 5 et 8 ans n'avait pas réussi à obtenir le statut de résidente permanente, car sa demande de parrainage a échoué en raison d'un ex-conjoint violent.

En 2008, ce dernier a été reconnu coupable d'avoir cassé la jambe du bébé de la famille, alors seulement âgé de trois semaines. Il a hérité d'un casier judiciaire, ce qui a fait déraper la demande de parrainage.

Mme Ayala devait donc être expulsée, sans ses enfants nés au Canada. « C'était une situation terrible », explique la mère de 27 ans, qui ne savait pas à qui confier ses deux filles.

La bonne nouvelle est arrivée lundi, à quelques jours de son expulsion. Elle a obtenu un permis de résidence temporaire qui lui permet de rester au pays deux ans, a expliqué à Anne-Marie Dussault son avocate Angela Potvin, qui croit que la médiatisation de la cause a aidé à débloquer le dossier.

Elle aura donc le temps de déposer une nouvelle demande de parrainage avec son conjoint actuel.

Sheila Ayala avait quitté le Mexique parce qu'elle craignait pour sa sécurité après avoir été victime d'un viol. Elle habite à Montréal depuis 2005. 

Lire l'article sur le site du Huff Post, 26 août 2014.

Paru dans le Devoir, le 25 août 2014 Une mère mexicaine menacée d'expulsion sans ses enfants

Installée à Montréal depuis 9 ans, Sheila demande un sursis, le temps de régler son divorce.

Visée par un avis d’expulsion, Sheila, 27 ans, sera renvoyée dans son pays samedi, sans pouvoir emmener ses deux filles avec elle. Se sentant victime d’injustice, la Mexicaine a lancé un appel à la solidarité dimanche pour obtenir un sursis.

Arrivée à Montréal il y a neuf ans, à 18 ans, pour fuir un conjoint violent et le souvenir de deux viols collectifs, elle a rejoint son père installé ici, où elle apprend qu’elle est enceinte. Elle décide donc de rester. « Pour être plus proche de ma famille et protéger mon enfant à naître », dit-elle.

Elle rencontre alors son futur mari, Mexicain aussi, qui la parraine pour sa demande de résidence permanente.Une demande annulée après que son mari a plaidé coupable pour violence conjugale, selon son avocate.Celui-ci avait brisé la jambe de leur fille de trois semaines en changeant une couche.

« La Direction de la protection de la jeunesse [DPJ] a fait son enquête et, voyant qu’il la battait, a poussé Sheila à le quitter », sans que sa cliente sache les répercussions que cela aurait, indique Me Angela Potvin, son avocate. « Citoyenneté et Immigration Canada[CIC] ne m’a jamais donné de nouvelles. Je les ai appelés de nombreuses fois et on m’a dit que je pouvais rester. Je n’ai eu aucun risque d’expulsion en trois ans », indique la jeune mère.

En mai dernier, le couperet tombe pourtant : elle doit partir au plus tard le 30 août.« J’ai tout fait pour me régulariser, […] mais on veut me punir pour les crimes d’une autre personne. »

Sans les enfants

En instance de divorce, elle ne peut pas partir avec ses enfants de 8 et 5 ans, nés au Canada, car le jugement sur leur garde n’a pas été encore rendu. « Le père se bat pour la garde et repousse constamment la date, parce qu’il n’a pas d’avocat, explique Me Potvin. Si elle partait avec ses enfants, elle serait accusée d’enlèvement international. » En cas d’expulsion, les enfants seraient alors à la charge du père ou remis à la DPJ. « CIC veut prendre ma femme et mes enfants pour les perdre dans le système et peut-être même les séparer. Qu’est-ce que le Canada fait au monde que j’aime ? » s’indigne Mike, le nouveau parrain et conjoint de Sheila depuis deux ans.

La Cour fédérale du Canada rendra son verdict sur la demande de sursis mardi, le dernier recours pour Sheila. Me Potvin est optimiste, même si 99 % des demandes sont refusées. « Il y a tellement de faits saillants au dossier. Et puis, récemment un sursis a été accordé à une personne pour des faits quasi similaires. » Sheila souhaite aller au bout de ses démarches en cours. La garde de ses enfants et sa nouvelle demande de parrainage, mais aussi une demande de résidence permanente à titre humanitaire pour un accident de vélo en 2013 qui l’empêche d’exercer son métier de massothérapeute, et un diagnostic de cellules précancéreuses.

« Je suis une Canadienne qui est née dansle mauvais pays », dit-elle, rappelant que ses amis ne croyaient pas qu’elle était étrangère lors de leurs premières rencontres. Certains sont venus apporter leur soutien lors de la conférence, dépeignant Sheila comme une personne impliquée dans la société et l’éducation de ses enfants — dont l’une souffre d’un trouble du langage. « Je veux apporter des choses positives à la société », ajoute-t-elle.

Sheila ne voit rien de bon à un retour forcé au Mexique, même si le pays est considéré comme un pays sûr selon CIC, malgré un taux d’homicides et de disparitions parmi les plus élevés du monde. « Là-bas, je serai sans ressources et sans contacts. Je vais vivre dans la rue, je peux disparaître à tout moment, s’effraie la Mexicaine. Je ne sais même pas comment l’expliquer à mes enfants. Ils vont vivre un cauchemar. »

CIC a transféré notre demande d’entrevue au ministère de la Sécurité publique.

Lire l'article sur le site du Devoir

Pour agir 

*Manif devant la Cour fédérale**– organisé par Solidarité sans frontières à Montréal

30 rue McGill Montréal (métro Square Victoria) le mardi 26 août à 8h30*

Alexa Conradi, présidente de la FFQ, prendra la parole lors du rassemblement.

Écrivez aux ministres de la Sécurité publique et de l'Immigration 

/*Ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Chris Alexander Ottawa : Téléphone : 613-995-8042 Fax : 613-996-1289 Toronto : Téléphone : 905-426-6808 Fax : 905-426-9564 Courriels : Chris.Alexander@parl.gc.ca <mailto:Chris.Alexander@parl.gc.ca> ET Minister@cic.gc.ca <mailto:Minister@cic.gc.ca>

/*Ministre de la Sécurité publique, Resp. de l’Agence des services frontaliers du Canada, Steven Blaney - Ottawa : Téléphone : (613) 944-4875 sans frais : 1 (800) 830-3118 Ville de Québec : Téléphone : 418-830-0500 sans frais :1-877-630-0500 Fax : 418-830-0504 Courriels : Steven.Blaney@parl.gc.ca <mailto:Steven.Blaney@parl.gc.ca> ET ministerpublicsafety@ps-sp.gc.ca <mailto:ministerpublicsafety@ps-sp.gc.ca>

Appeler et écrire à la ministre de l’Immigration du Québec, Kathleen Weil, pour lui dire que nous appuyons Sheila et pour lui demander d’intervenir personnellement dans ce dossier.

*Coordonnées de la ministre de l’Immigration du Québec, Kathleen Weil*: Montréal :Téléphone: 514-873-9940Fax : 514-864-2899Ville de Québec : Téléphone : 418-644-2128 Fax : 418-528-0829 Courriel : cabinet@midi.gouv.qc.ca <mailto:cabinet@midi.gouv.qc.ca>

*Deux familles montréalaises [Sheila Sedinger et la Famille Khalifa] font face à la déportation et à des séparations potentielles à la fin de la semaine.

*De plus en plus, Immigration Canada procède à la séparation des familles ou à la déportation d’enfants canadiens en compagnie de leurs parents.

En savoir plus sur la situation de ces familles <http://www.solidarityacrossborders.org/fr/rally-in-support-of-sheila-and...

Évenement Facebook <https://www.facebook.com/events/259983334191815>– à faire circuler

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