Violence conjugale : 80 % des crimes commis contre les femmes

À Pointe-aux-Trembles, 442 femmes victimes de violence conjugale ont fait une demande d’hébergement à la Maison Dalauze et de ce nombre, 169 ont dû être refusées par manque de place. Un article paru dans l'Avenir de l'Est, le 27/08/2014.

Présentement, nous sommes à 105 % de notre taux d’occupation, signale la directrice. Afin de combler ce besoin, nous avons aussi des services à l’externe où nous faisons des interventions individuelles et des suivis », explique Danielle Mongeau, directrice générale de la Maison Dalauze.

Elle indique que le manque de places est dû principalement au sous-financement et à la carence de ressources de l’organisme.

« C’est une situation qui vivent toutes les maisons d’hébergement pour femmes violentées à Montréal, souligne Mme Mongeau. Il faudrait idéalement avoir des nouvelles maisons ou plus de ressources du côté des spécialistes pour pouvoir les aider à se rétablir plus rapidement et qu’il y ait un roulement plus régulier, ce qui nous permettrait d’avoir des places libres plus souvent. »

Au Québec, 19 731 infractions contre la personne commises dans un contexte conjugal ont été rapportées en 2012. Les femmes semblent être les plus touchées. Elles représentent 80 % des victimes.

« Il est difficile de savoir si la situation s’est amélioré ou a empiré parce que souvent, les victimes n’osent pas en parler », signale Mme Mongeau.

L’organisme Pointelier qui a ouvert ses portes en 1991, a pour objectif de protéger et d’accompagner les femmes victimes de violence conjugale dans leur processus de réhabilitation et réintégration dans la société.

« Nous offrons aux femmes violentées un lieu sécuritaire où elles peuvent trouver accès à de l’aide et du soutien de la part de nos intervenants, indique Mme Mongeau. Les enfants sont aussi les bienvenus. Nous avons beaucoup de ressources pour eux. »

Ainsi, les femmes ont le droit à des ateliers, formations, suivis psychosociaux, activités familiales et de l’accompagnement dans leurs démarches pour reconstruire leur vie.

Selon Mme Mongeau, seulement de 4 à 8 % des femmes qui ont séjourné au centre songent à retourner en couple avec leur agresseur.

« Ce n’est pas facile demander de l’aide. Il y a toujours un sentiment de culpabilité et de honte qui est difficile à assumer, mais pour celles qui réussissent à passer à travers ça, il est plus facile de tourner la page et de s’en sortir. »

Personne n’est à l’abri

La directrice indique que malgré la croyance populaire, personne n’est à l’abri d’être un jour victime de violence conjugale.

« Les gens ont tendance à penser que ça n’arrive qu’aux autres, pourtant, ça peut arriver à toutes les femmes, quel que soit leur classe sociale, dit-elle. Ce n’est pas qu’une question d’éducation, c’est une question d’estime de soi. Quand l’amour entre en jeu, il est difficile de se rationnaliser. »

Elle souligne que, généralement, les femmes pensent qu’il s’agit d’un acte isolé la première fois qu’elles se font violenter.

« Les agresseurs se déresponsabilisent complétement en mettant tout le blâme sur la femme. " Si seulement tu ne m’avais pas provoqué " ou "Si seulement tu m’avais écouté " sont le genre de phrases qu’elles se font dire très souvent. »

La directrice conclut en disant que bien souvent, les femmes ont de la difficulté à savoir si elles sont victimes de violence conjugale.

« Tant qu’il n’y a pas un acte de violence physique, il est plus difficile de le réaliser, il faut rester vigilant et chercher de l’aide le plus rapidement possible. »

Pour aider la Maison Dalauze à continuer de soutenir les femmes victimes de violence conjugale, il est possible de faire un don à l’adresse www.maisondalauze.com/donation.html

Lire l'article sur le site de l'Avenir de l'Est 

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