Cadre de référence

La Fédération adhère au cadre de référence idéologique de l'analyse féministe qui reconnait que les violences faites aux femmes traduisent des rapports de force et de pouvoir inégaux entre hommes et femmes qui contribuent à la domination des hommes sur les femmes.

L'analyse féministe

L'analyse féministe de la violence faite aux femmes guide les actions de la Fédération. Cette analyse trouve appui dans certains textes, dont la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes de l’ONU, qui affirme que « la violence à l'égard des femmes constitue une violation des droits de la personne humaine et des libertés fondamentales et empêche partiellement ou totalement les femmes de jouir desdits droits et libertés. (…) Préoccupée que ceux-ci ne soient toujours pas protégés dans les cas de violence à l'égard des femmes et reconnaissant que la violence à l'égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu'elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes. » (COMMISSION DE L'ASSEMBLÉE GENERALE DES NATIONS UNIES. Déclaration de l'Organisation des Nations unies sur l'élimination de la violence faite aux femmes, décembre 1993. Charte adoptée en AE novembre 2013)

La Politique d'intervention en matière de violence conjugale du Gouvernement du Québec

La Politique d'intervention en matière de violence conjugale du Gouvernement du Québec : Prévenir, dépister, contrer la violence conjugale, qui adopte la définition de la violence contre les femmes telle que promulguée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 1993. Elle définit la violence comme « une prise de contrôle dans le but de dominer » et utilise le terme de violence conjugale au lieu de familiale en plus de reconnaître l’existence de rapports de pouvoir au sein du couple. La violence conjugale est donc l’expression de l’inégalité entre les sexes autant dans la sphère privée que dans la sphère publique. La définition adoptée, s’inspire donc, à ce titre, d’une définition féministe de la violence conjugale et s’appuie sur les neuf principes directeurs5 qui doivent inspirer toute action et recommandation :

  • La société doit refuser toute forme de violence et la dénoncer.
  • La société doit promouvoir le respect des personnes et de leurs différences.
  • L’élimination de la violence conjugale repose d’abord sur des rapports d’égalité entre les sexes.
  • La violence conjugale est criminelle.
  • La violence conjugale est un moyen choisi pour dominer une autre personne et affirmer son pouvoir sur elle.
  • La sécurité et la protection des femmes victimes et des enfants ont priorité en matière d’intervention.
  • Toute intervention auprès des victimes doit être basée sur le respect de leur autonomie et reposer sur leur capacité à reprendre le contrôle de leur vie.
  • Toute intervention doit tenir compte des effets de la violence conjugale sur les enfants et viser à les atténuer.
  • Les agresseurs sont responsables de leurs comportements violents ; l’intervention doit viser à leur faire reconnaître leur responsabilité face à leur violence et à l’assumer.

Références : MINISTÈRE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX. Politique d'intervention en matière de violence conjugale, 1995, p.18, 22,23 et 30.