Les organismes communautaires œuvrant en santé et services sociaux n’ont toujours pas les moyens d’agir

Montréal, le 22 juin 2017. La Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles (Table) et ses membres demeurent déçus de l’ajout d’un maigre10$M au budget 2017-2018 du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique, madame Lucie Charlebois, en a fait l’annonce officielle aujourd’hui alors même que son gouvernement dévoile un surplus de plus de 2,5$ milliards pour cette année. La ministre a toutefois confirmé que le montant serait récurrent et qu’il serait attribué pour la mission globale des groupes, sans être réservé à des secteurs particuliers comme cela était le cas par le passé.

Le montant annoncé pour cette année représente moins que 2% d’augmentation de l’enveloppe actuelle du PSOC. « Nous sommes loin d’assurer la pérennité des 3000 organismes communautaires œuvrant en santé et services sociaux, souligne Mercédez Roberge, coordonnatrice de la Table. Rappelons que ce montant sera essentiellement distribué aux groupes les plus pauvres et il ne couvrira que très partiellement les besoins les plus criants. Des milliers de groupes ont de la difficulté à poursuivre leurs actions de prévention et de promotion de la santé, de soutien et de défense des droits, comme les organismes l’ont illustré lors de dizaines de die-in devant les bureaux de députéEs le mois dernier. Avec cet argent, les groupes ne pourront toujours pas répondre aux besoins croissants de la population qui fait appel à eux ». Pour quelques centaines de ces organismes communautaires, l’approche de l’été signifie d’ailleurs une réduction des heures de travail ou une période de fermeture à cause du manque de financement.

La ministre a également confirmé que les groupes ne recevraient qu’une indexation annuelle de 0,7%, basée sur l’Indice des prix à la consommation (IPC). « Depuis plusieurs années, les groupes dénoncent l’usage de l’IPC car ce calcul ne reflète pas les augmentations globales de leurs coûts de fonctionnement. Le ministère ne l’utilise d’ailleurs pas pour déterminer le taux d’indexation du réseau. Pourquoi les groupes communautaires sont-ils traités si différemment? Nous espérons que la ministre maintiendra l’ouverture qu’elle a démontrée pour examiner cette question », souligne Jérome Di Giovanni, président de la Table.

La Table et ses membres estiment que la ministre Charlebois peut attirer l’attention de ses collègues de l’Assemblée nationale sur l’apport des organismes communautaire sur le plan de la santé et du bien-être de la population comme sur le plan de la participation citoyenne. Ils comptent sur elle pour aller chercher les sommes dont les groupes ont besoin. Rappelons que le manque à gagner annuel des 3000 organismes relevant du MSSS est de 355M$/an; ce montant fait partie du 475M$ revendiqué pour le financement de l’ensemble de 4000 organismes d’action communautaire autonome du Québec.

Avec le 10M$ annoncé, la ministre a fait un premier pas. Mais il reste encore un grand trajet à parcourir pour que les organismes communautaires œuvrant en santé et services sociaux aient enfin les moyens d’aider la population qui cogne à leurs portes.

 

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Renseignements : Alexandra Pierre, Table des regroupements provinciaux d’organismes communautaires et bénévoles
438-838-2482 (cellulaire), info@trpocb.org

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