Quelques statistiques

La Déclaration de l’Organisation des Nations unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes affirme que : « la violence à l’égard des femmes traduit des rapports de force historiquement inégaux entre hommes et femmes, lesquels ont abouti à la domination et à la discrimination exercées par les premiers et freiné la promotion des secondes, et qu’elle compte parmi les principaux mécanismes sociaux auxquels est due la subordination des femmes aux hommes. »

La violence à l’égard des femmes est une problématique systémique dont l’ampleur est toujours inquiétante au 21e siècle, malgré les nombreuses avancées réalisées. Cette problématique dépasse le cadre de référence de la violence conjugale, car c’est de tout un système dont il s’agît. Un système de domination, qui prend source dans le patriarcat et se nourrit des inégalités, des valeurs, des religions et des lois, persiste encore aujourd’hui. C’est ce système d’inégalités, sur plusieurs plans, qui génère et maintien la violence faite aux femmes[MP1] . Toute action qui dévalorise les femmes,  ou perpétue leur inégalité vis-à-vis des hommes contribue à renforcer la tolérance de la société à l'égard de la violence faite aux femmes et minimise l'importance du problème. Reconnaître le contexte social de la violence faite aux femmes est nécessaire pour y fin.

Inégalité économique

En 2009, le revenu moyen des femmes était de 23% inférieur à celui des hommes, soit près de 10 000$ de moins par année. Le salaire horaire moyen des femmes était de 13 % plus bas que celui gagné par les hommes. Pas moins de 63,4 % des personnes travaillant au salaire minimum étaient des femmes(ISQ, 2009). À cette faiblesse de revenu s’ajoute celle associée à la monoparentalité. Le revenu d’emploi des mères seules n’équivaut qu’à 68,7 % de celui des pères seuls (SCF, 2010).

Inégalités professionnelles

Même lorsque les femmes s’orientent vers une carrière typiquement masculine comme le génie, leur rémunération est moins élevée. La ségrégation professionnelle, est l’une des formes les plus pernicieuses d’inégalité sur le marché du travail puisqu’elle s’accompagne de moins bonnes conditions de travail et de rémunération inférieure dans les professions féminines (Boulet, 2013). En 2012, des 13 300 postes de cadres supérieurs au Québec, plus de 10 000 sont occupés par des hommes(Boulet. 2013). En 2007, les femmes accomplissent annuellement 19 % d’heures réelles de travail de moins que les hommes. Elles s’absentent quatre fois plus d’heures que les hommes pour des obligations personnelles ou familiales et perdent 24 % plus d’heures en raison de la maladie ou de l’incapacité (SCF, 2010).

Inégalités (violence) sexuelle

Au Québec, en 2012, les données policières montrent que les femmes forment 96 % des victimes d’agression sexuelle. Dans leurs relations actuelles, une femme sur trois et un homme sur cinq rapportent être victimes de coercition sexuelle  (c’est-à-dire faire en sorte qu’une personne s’engage dans une activité sexuelle malgré sa propre volonté de la part de leur partenaire), tandis que une femme sur cinq et un homme sur quatre rapportent perpétrer de la CS dans leur couple (CRIPAS, 2010).

Inégalités domestiques

Selon les données du Recensement de 2006, de Statistiques Canada, les Québécoises assureraient 60% du travail domestique et elles représentaient 70% des aidantes naturelles. En 2005, dans la population de 15 ans et plus, les femmes consacrent 54 % de leurs heures productives au travail domestique et 46 % au travail professionnel, alors que c’est l’inverse chez les hommes (34 %, travail domestique; 66 %, activités professionnelles) (SCF, 2010).

Inégalités en santé

En 2005, en proportion, plus de femmes que d’hommes déclarent avoir au moins un problème de santé de longue durée (71,8 % des femmes, 63,6 % des hommes). Toujours en 2005, plus d’une femme sur quatre (26,0 %) comparativement à un homme sur cinq (19,5 %) affiche un degré élevé de détresse psychologique (intimement liée aux troubles mentaux)

L’enquête sociale générale (Statistique Canada, ESG, 2009) indique que les femmes limitées dans leurs activités, à cause d’une condition ou d’un problème de santé, sont quasiment deux fois plus sujettes à la violence conjugale que les autres femmes (SCF, 2010).